vendredi 6 septembre 2013

Sophonie 3

V 1 à 4 : malheur à Jérusalem

Que Jérusalem ne se réjouisse pas en voyant le châtiment atteindre ses ennemis de toujours ! Le juste Juge qui pèse les actions de chacun ne saurait laisser impuni ses crimes ! Si Ammon et Moab ont été jugés en raison de leurs liens naturels avec le peuple de Dieu, combien le mérite davantage Jérusalem, elle qui a été l’élue du cœur de Dieu. Appelée à être sainte, la ville ne porte plus rien en elle des traces de sa vocation. Comme les autres, elle est devenue rebelle, cruelle et impure. Bien que propriété de Dieu, elle ne manifeste à Son égard ni soumission, ni foi. Ses responsables, les premiers, se sont corrompus. Au lieu de le protéger, ses chefs sont devenus les prédateurs du troupeau qui leur a été confié. Il n’y a plus de fiabilité chez ses prophètes : à la place de la parole et des visions de Dieu, ce sont des visions de leur propre cœur dont ils se font l’écho. Quant aux prêtres, ils ont perdu complètement le sens du sacré. Descendants d’Aaron, ils sont devenus disciples des fils d’Eli que Dieu condamna avec sévérité : 1 Samuel 2,12-17.22.34.

A quiconque il a été beaucoup donné, il sera beaucoup demandé, a dit Jésus : Luc 12,47. Ce principe qui guide le jugement de Dieu ne s’applique pas qu’aux individus. Il concerne aussi les peuples, et en particulier le peuple de Dieu. Les dirigeants des peuples doivent le savoir : ils sont aux yeux de Dieu les premiers responsables de l’égarement et de la corruption dans lesquels vivent les multitudes qui leur sont confiées. Au jour du jugement, il sera davantage demandé aux serviteurs de Dieu qu’aux membres au sujet de l’état dans lequel Dieu trouvera le troupeau duquel ils avaient la direction. Que Dieu nous donne conscience à chaque instant de la redevabilité de notre enseignement comme des positions que nous prenons dans notre service.

V 5 : le Seigneur hors de cause

Lorsque des enfants sont rebelles et indisciplinés dans une famille, on s’interroge en premier sur l’éducation que leur ont donnée leurs parents. Ont-ils été à la hauteur de leur devoir et de leur responsabilité ? Le même parallèle pourrait être fait avec le peuple de Dieu. L’état dans lequel se trouve Israël et ses chefs ne serait-il pas dû à des carences de la part de Dieu ? Un tel propos, affirme Sophonie, va à l’encontre des faits. Il n’y a aucun matin, dit le prophète, où l’Eternel aurait manqué à Son devoir envers Son peuple. Dès le matin, comme le dit aussi Jérémie, l’Eternel a envoyé vers Son peuple Ses prophètes qui n’ont cessé de lui rappeler Ses voies, Ses préceptes, Ses commandements : Jérémie 7,13.25 ; 25,3-4. Mais, déplore le prophète, ils n’ont pas écouté : Jérémie 25,4 ; 26,5 ; 29,19. Chaque matin, tel un père attentionné, Dieu a produit Ses jugements pour avertir Son peuple du danger qu’il y a pour lui de s’écarter de Ses voies. Mais celui-ci ne connaît pas la honte. Il n’éprouve ni regret, ni culpabilité, ni remords pour sa conduite. Il n’apprend rien des leçons que Dieu lui enseigne, des malheurs qui arrivent aux autres pour les mêmes fautes.

Quoi qu’on ait à traiter comme situation de malheur dans une vie, n’oublions jamais que celle-ci ne peut résulter d’un manquement divin. Ce n’est jamais par défaut de lumière que nous glissons dans les ténèbres. Nous récoltons, par contre, souvent ce que nous avons semé, parfois depuis des années. Nous sommes si endurcis de cœur que ce n’est que lorsque nous sommes face aux conséquences désastreuses de nos actes que nous sommes prêts à écouter. Souvent, il faut le dire, le malheur est le seul langage que nous comprenions. Que Dieu pardonne la dureté de nos cœurs et la surdité dont nous faisons preuve trop souvent à l’égard de Ses avertissements !

V 6 à 8 : Si seulement…

Après Sophonie, c’est l’Eternel Lui-même qui prend la parole. Sophonie a servi d’avocat à Dieu. Il a voulu qu’aux yeux de chacun la justice de Dieu soit établie clairement. Dieu n’est en rien coupable de l’état lamentable dans lequel se trouve le peuple de Dieu. Sophonie a été dans son rôle. Si c’est une chose de parler au nom de quelqu’un, c’en est une autre, sous l’angle de la vérité, lorsque c’est cette personne elle-même qui s’exprime. Quel que soit le sujet, la parole dite par le concerné pèse toujours plus fortement que celle exprimée par ses porte-paroles. S’il était juste que Sophonie le fasse, Dieu ne prend pas Sa propre défense. Ce qu’Il exprime est à la fois le souhait de Son cœur pour Israël et Sa souffrance. Le souhait du cœur de Dieu est qu’Israël apprenne des jugements sévères qui ont frappé les nations. Ses jugements témoignent du caractère destructeur de Sa colère lorsqu’elle s’exprime. Là où la colère de Dieu passe, il ne reste rien : ni villes, ni royaume, ni êtres humains. La colère de Dieu exprime à sa juste hauteur Sa haine du mal. Elle n’est ni démesurée, ni incontrôlée. Elle révèle la sainteté de sa nature, Son aversion absolue pour le péché, l’iniquité, l’injustice. Elle a pour objet, lorsqu’elle s’exprime, d’inspirer la crainte, d’avertir.

Là est la souffrance de Dieu. Israël a beau avoir sous les yeux le spectacle désolant des peuples que la colère de Dieu a ravagés : il n’apprend rien. Au contraire ! Plus Israël est repris, plus il se hâte de se pervertir. N’apprenant pas, il s’endurcit. L’obstination d’Israël, son entêtement à persévérer dans ses voies mauvaises blesse le cœur de Dieu. Ils lui arrachent de profonds soupirs. Car le désir de Dieu n’est pas de juger Israël, mais de l’épargner. Ce que Dieu souhaite pour lui n’est pas de l’ordre de la colère, mais de la communion. En rapportant les pensées intimes de Dieu, Sophonie se fait l’écho d’Esaïe qui a perçu le même son de voix : Esaïe 48,17 à 19.

Sophonie comme Esaïe nous rappellent qu’il y a deux façons de présenter la vérité qui touche à Dieu. La première est d’en parler au travers de la connaissance que nous avons de Ses attributs. C’est l’aspect extérieur de la vérité qui Le concerne. La seconde est d’être si proche de Lui que l’on entend en quelque sorte les battements de Son cœur. Cette seconde nécessite une proximité semblable à celle que connut Jean, le disciple bien-aimé de Jésus : Jean 13,23. Tous les témoins de Dieu, Ses serviteurs, aspirent à communiquer ce qui est juste à Son sujet. Ils le feront bien s’ils s’appuient sur la connaissance qu’ils ont de Ses attributs. Cependant seul celui qui vit dans l’intimité de Dieu est capable de transmettre, dans une situation précise, les pensées et les sentiments de Son cœur. Que Dieu me donne de chercher une telle proximité avec Lui !

V 9 et 10 : effets du jugement sur les peuples

Si le jugement de Dieu est nécessaire, il n’est pas une fin en soi. Bien que le jugement occupe une large part dans les événements qui touchent à la conclusion de ce monde, son histoire ne se termine pas avec lui. La note finale n’est pas dramatique, mais joyeuse. Le projet de Dieu ne se conclut pas par l’échec, la mort, la destruction, mais par  la réussite, la louange, la communion. Prophète du jugement et du jour de la colère de Dieu, Sophonie ne s’arrête pas à eux. Il discerne, au-delà de leur exercice, les fruits heureux qu’ils porteront parmi les nations. Le jugement est un feu purificateur. Il opérera dans le cœur et l’esprit des peuples une transformation radicale. Saisi par la crainte qu’Il leur aura inspiré, les peuples invoqueront Dieu, Le serviront et Le célébreront avec des lèvres pures. Ses adorateurs, originaires de toutes les nations viendront à Jérusalem pour Lui apporter dans la joie et la reconnaissance leurs offrandes. Sur toute la terre, il n’y aura alors qu’un seul culte, qu’un seul nom prononcé avec amour par toutes les bouches : celui de Dieu, le Dieu d’Israël.

Alors que Jésus quittait Ses disciples, Il leur donna l’ordre d’aller vers toutes les nations pour faire de leurs gens Ses disciples : Matthieu 28,16 à 20. Les Actes des apôtres nous témoignent des efforts entrepris pour la réalisation de ce mot d’ordre du Maître. L’Evangile va croissant et pénètre de plus en plus dans des contrées où le nom de Jésus n’est pas encore connu : Colossiens 1,6. Vingt siècles plus tard, l’ordre de mission de Jésus n’est toujours pas réalisé. Pire ! Certains pays, où l’Evangile s’est implanté de bonne heure, lui ont fermé la porte. Ce que l’Eglise n’a pu accomplir, le jugement de Dieu le fera. Le jugement n’inaugure pas la fin du monde, mais la réalisation intégrale du dessein de Dieu pour les nations : leur conversion et leur adhésion à Sa Personne. Ne soyons donc pas troublés par les temps difficiles qui viennent. Ils précèdent les temps les plus heureux de l’histoire. Soyons en avance sur elle : dès maintenant, adorons Dieu, servons-Le et apportons Sa Parole à tous les peuples. Ne cessons pas de prier la prière que Jésus a enseignée à Ses disciples : Notre Père ! Que Ton nom soit sanctifié, que Ton règne vienne, que Ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel : Matthieu 6,9-10. Levons nos têtes ! Le temps de l’exaucement de cette prière arrive !

V  11 à 13 : le reste d’Israël

Jour d’effroi et de purification pour les nations, le jour de la colère de Dieu le sera aussi pour Israël. Car Israël autant que les nations a besoin d’être purifié. De son sein doit aussi être arraché tout ce qui offense Dieu. Le péché du peuple de Dieu, sa vanité ne sont pas plus supportables aux yeux de Dieu que celui des autres peuples. La purification d’Israël n’a pas pour objet de le détruire, mais de le mettre dans les conditions le rendant enfin apte à remplir sa vocation. La purification consiste à faire disparaître à jamais ce qui a été comme une tache dans le peuple de Dieu, mais ne doit plus être. Mensonge, orgueil, injustice, iniquité doivent être bannis à jamais. Pour se faire, une seule voie est possible. Israël doit être dégraissé, affaibli, diminué, réduit presque à néant. Il doit être restreint à un reste pauvre, sans force qui, pour vivre et survivre, n’a qu’un seul recours : placer sa confiance en son Dieu.

Nous aimerions bien en tant que peuple de Dieu que l’œuvre de sanctification que Dieu opère dans notre vie ne soit pas douloureuse. Ce souhait s’avère impossible. Le mal qui habite en nous est si imbriqué à ce que nous sommes qu’il ne peut être extirpé sans souffrance. Ses racines sont si profondes que, tel le jardinier avec les chardons, Dieu est contraint d’aller au fond de notre cœur pour arracher la plante. Le jardinier le sait : ne travailler qu’à la surface ne résout rien. La source du mal est cachée. Elle doit être ôtée, sortie de la terre de laquelle elle se nourrit, mise à la lumière pour périr. Ce n’est que rendus faibles que nous sommes humbles et que notre relation avec Dieu devient ce qu’Il veut qu’elle soit. N’ayons pas peur de la sanctification. Demandons-là à Dieu, car, empêtrés comme nous le sommes dans nos péchés, nous sommes incapables de la produire. Le résultat en sera une grande pauvreté suivie d’une grande liberté ! Que Dieu soit magnifié pour l’œuvre de grâce qu’Il opère en nous ! Il ne veut qu’une chose : nous amener à ressembler à Jésus ! Mais le voulons-nous ?

V 14 à 20 : l’avenir heureux d’Israël

La colère de Dieu passée, Sion est invité à entrer dans la joie de son Dieu. Les paroles de Sophonie font ici écho au cantique du Bien-aimé : « Lève-toi, mon amie, ma belle, et viens ! Car l’hiver est passé ; la pluie a cessé, elle s’en est allée. Dans le pays, les fleurs paraissent, le temps de chanter est arrivé : Cantique des cantiques 2,10 à 12. » Il y a aussi dans le temps de Dieu, un temps pour tout. Celui de la colère passé, vient celui de la consolation et de la joie. Israël n’a plus à rougir de son passé. Il n’a plus non plus à s’en affliger. L’œuvre de purification accomplie, une page nouvelle peut être tournée. Israël peut être rétabli. Semblable à celui du fils prodigue, son retour à Dieu fait toute la joie de Son cœur. « Amenez le veau engraissé et abattez-le, ordonne le père aux serviteurs. Mangeons, faisons la fête, car mon fils que voici était mort, et il a repris vie ; il était perdu et il a été retrouvé : Luc 15,23-24. » Alors que ton Dieu exulte de joie et d’allégresse pour toi, Israël, convient-il que tu restes dans le regret, la tristesse, l’abattement ?

Toute personne qui a vécu un traumatisme le dit : il faut du temps pour réaliser que ce qui l’a marqué s’efface. Alors que, constamment tout au long de son histoire, Israël a été piétiné par ses ennemis et l’objet de la disgrâce de Dieu, le peuple de Dieu a du mal à croire que son malheur est terminé. Un fait devrait pourtant l’en convaincre : c’est la présence en son sein, sur le trône de Jérusalem de son Roi : le Seigneur. A cause de Lui, Israël peut le croire : le temps du malheur est bien fini. Si certains de ses gens sont encore loin, ils ne le resteront pas. Ils seront ramenés. Il ne faut pas qu’un seul manque. Tout Israël doit entrer dans la joie de son Dieu. L’heure est venue pour Israël d’être pour le monde ce que Dieu a toujours voulu qu’il soit : un sujet de gloire, d’honneur et de louange à Son nom. Le plan de Dieu serait un échec si tel n’était le cas.


Pour nous qui sommes issus des nations, réjouissons-nous avec Sion ! Olivier sauvage, nous avons par Jésus-Christ été greffés sur son tronc : Romains11,17. Souvenons-nous que, si nous sommes comptés au nombre des élus, ce n’est pas nous qui portons la racine, mais elle qui nous porte : Romains 11,18. Apprenons également de l’appel de Sophonie adressé à Sion de se réjouir ! Nous ne devons pas nous affliger plus longtemps pour nos péchés que nécessaire. Le faire serait faire honte à la puissance restauratrice de la grâce de Dieu. L’important n’est pas notre dignité, mais l’abondance de la grâce dont nous sommes l’objet. C’est elle que nous devons, avec la joie de Dieu, célébrer ! Que la joie du salut soit aujourd’hui et demain la marque toujours présente du témoignage rendu à la grâce de Dieu ! C’est sa louange et sa gloire que Son peuple est appelé, par-dessus tout, à célébrer : Ephésiens 1,5.

Aucun commentaire:

Publier un commentaire